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Par The_Louloute le 12 Décembre 2017 à 02:32
Chère Ana,
Je ne pourrais jamais décrire à quel point l'amour maladif que j'avais pour toi a été l'amour le plus fort et le plus mauvais que je n'ai jamais connu. Tu es la peine d'amour qui me fait le plus pleurer, car une partie de moi souhaite me détacher de toi à jamais et une autre souhaite se coucher à tes côtés en passant ainsi ma main sur ton corps si maigre pour t'aimer à jamais. L'amour que tu me donnais, si cela en était vraiment, n'était qu'un mélange de désapprobation, de contrôle, de manipulation et d'autodestruction. Mais, l'amour rends aveugle, non ? Plus je me détruisais, plus je me sentais proche de toi et plus je me sentais rassurée. Il n'avait pas de fin, ni même de faim. J'étais ton jouet. Et le pire, c'est que j'aimais ça jusqu'à la folie, la véritable. Tu volais peu à peu mon temps, mon énergie et ma vie sans que je n'ai un quelconque sentiment de nostalgie. Tu me montrais le chemin et je suivais ta carte à la lettre, à une précision irréfutable. Ce que j'ignorais c'est que lorsqu'il fallait vraiment tourner à droite, tu me faisais tourner à gauche et lorsque qu'il fallait vraiment que je mange, tu me faisais dépenser de l'énergie que je n'avais pas. On m'a longtemps dit que je t'aimais mal, même que je ne devais pas t'aimer, mais c'était si facile me laisser bercer dans tes bras, pour que tu me chuchotes des mots doux chaque fois que je cachais de la nourriture sous mes vêtements, que je restais debout pour faire mes devoirs ou que je jetais mon dîner dans les toilettes de l'école. Peut-être que dans le fond, c'est toi qui m'aimais mal, même qu'au final, aimer, je ne sais pas si tu savais comment. Mais tu me rassurais si bien, comme ces fois où je me réveillais en panique, ayant rêver que je mangeais. Tu n'étais toutefois pas là pour me rassurer lorsque je criais de douleur dans mon lit, ne sentant plus mes jambes glacées. Mais, tu me rassurais si bien, comme ces fois où je m'enfermais chez les autres aux salles de bains, le dos déchiré et bleuté, sur le sol à faire des redressements assis. Tu n'étais toutefois toujours pas là pour me rassurer quand je pleurais en revenant de l'école car, je n'avais plus la force de te suivre. Mais, tu me rassurais si bien, comme ces fois où tu diminuais sans cesse mes apports caloriques. Tu n'étais toutefois pas là pour me rassurer lorsque je pleurais à l'hôpital voulant à tout prix sortir. Et, chaque fois que je voulais rompre les liens qui nous unissaient, tu es resté. Je t'ai fait resté. J'avais besoin de toi, même si tu n'étais toujours pas là pour me rassurer. J'avais besoin de vivre à travers toi, car je n'étais plus rien. Je suis devenue toi, avec le temps. Je suis devenue tes yeux, voulant me voir de plus en plus maigre. Je suis devenue ton corps si méconnaissable, si laid, mais si réconfortant. J'adorais toucher les os de ton bassin ressortis, j'adorais toucher tes côtes et ton ventre si creux. Et ils furent miens. Qui ne rêve pas d'une histoire d'amour où tu ne fais qu'un avec l'être aimé ? Je m'aimais du même amour que tu me donnais. Je m'aimais d'un amour malade et aveugle. Un amour destructeur, un amour violent, un amour tueur. Mais ça restait de l'amour, non ? Parfois je me demande à quel point j'ai été en manque d'amour pour accepter un amour aussi sale que le tien. Parfois je me demande comment je pourrais faire pour te ravoir à mes côtés pour que tu puisses contrôler ma vie à nouveau, car je n'y arrive pas. Parfois je me demande comment j'ai pu sourire lorsque j'ai vu ce fameux nombre tomber à deux chiffres. Parfois je me demande si tu pourrais me sauver de cette noyade que tu as provoqué. Parfois, je me demande si l'amour malade que tu m'as donné n'était qu'un amour empoissonné de mensonges.
J'aimerais que tu me rendes le temps que tu m'as volé, mon innocence et que chaque larme que j'ai versé, chaque gramme que j'ai perdu, chaque faux-sourire que j'ai eu, chaque bleus sur le dos qui me sont apparus, chaque crise de colère, chaque cheveux perdus, chaque duvet apparu sur mon corps, chaque nourriture jetée ou cachée, chaque privation, chaque redressements assis, chaque tour de vélo, chaque mensonge, chaque envie de dépenser le plus d'énergie possible, chaque baignade, chaque crise de panique, te fasse l'effet que ça fait lorsqu'on t'ouvre la peau au sang et qu'on y saupoudre du sel, le tout mélangé d'une bonne dose d'alcool à friction.
J'aimerais que tu me rendes la liberté que tu m'as volé, la réalité et que chaque fois où j'ai jeté de la nourriture que je voulais manger, chaque fois où j'ai souris suite à ma pesée trop quotidienne, chaque fois que j'ai dit adieu, sans même le savoir, à une partie de moi, chaque fois où je suis allée en vélo et que je savais bien que je ne voulais pas, chaque fois où j'ai entendu que les autres s'endorment pour faire de l'exercice, chaque fois où j'ai fait de l'exercice à l'hôpital, chaque fois où les infirmières sont venues me réveiller la nuit à cause de mon cœur, chaque fois où je ne me suis pas sentie assez belle pour toi, chaque fois où j'ai laissé couler la douche pour faire mes exercices, chaque fois où j'ai lu debout, chaque fois où j'ai aimé ce corps maigre, chaque fois où je l'ai pris en photo, chaque fois que j'ai abandonné quelque chose que j'aime, chaque fois où je ne me suis pas lavée, chaque fois où j'ai eu peur de manger, chaque fois où je n'ai pas mangé, chaque fois où j'ai emprunté le chemin le plus long pour dépenser le plus d'énergie, chaque fois que j'ai voulu ouvrir la porte pour dépenser de l'énergie, chaque fois où je n'ai pas dîné à l'école, chaque fois que je souriais à l'idée de jeter mon dîné au toilette le lendemain ,avant de m'endormir, chaque fois où je voulais maigrir d'avantage, chaque fois où j'ai mis mon poing entre mes jambes et mes mains autour de ma taille, chaque fois que j'ai passé le dîner à marcher autour de l'école, chaque fois où tout ça n'était qu'un jeu pour moi, chaque fois que je me privais des semaines avant pour un événement, chaque fois où j'étais censée avoir mes règles, mais que je ne les ai pas eu, chaque fois où j'étais déconnecté de la réalité, chaque fois que j'ai refusé de la nourriture qu'on m'offrait par peur, chaque fois que je voyais mes os lorsque je me regardais dans le miroir, chaque fois où j'ai aimé voir ces os, chaque fois que je ne mangeais qu'une pomme, chaque fois où je pleurais en fessant de l'exercice car, j'étais à bout, chaque fois où je me suis habillée en linge d'hiver quand c'était l'été, chaque fois où j'ai monté le chauffage, étant frigorifiée, chaque fois où mes doigts étaient bleus et que mes mains étaient complètement séchés et rugueuses, chaque fois que je n'ai pas mis la quantité que je voulais vraiment de beurre d'arachide sur mes toasts, chaque fois où je jetais mon verre de lait dans le levier sans qu'on ne s'en rende compte, chaque fois où j'ai détesté manger, chaque fois où je me sentais coupable de sentir de la nourriture sur mon palais, je voudrais que chacune de ces fois te fasse l'effet que ressent une jeune fille de 13 ans diagnostiquée pour anorexie.
Je voudrais que chacune de ces fois te fasse l'effet que ressent cette jeune fille d'avoir été aimé d'un amour malade, ton amour malade
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Par The_Louloute le 10 Décembre 2017 à 19:03
Un matin d'une journée s’annonçant plutôt radieuse, je vais me réveillée tranquillement, n'ayant jamais été très matinale. Je vais regarder autour de moi et comme depuis bien longtemps, tu ne seras pas à mes côtés, souriant du coin de la bouche en chuchotant "Bon matin" à moitié dans les couvertures. Je respirerai une bouffée d'air, dans ce silence que tu as si bien et si mal installé qui pèse maintenant cette pièce. Je me lèvera doucement en regardant le mur face à moi, attendant que tu m'embrasses tendrement le haut du dos. Le soir venu, étant restée dans la même position, immobile, je soupirerais. N'étant jamais venu m'embrasser, je me rendormira en sachant à coup sûr que demain sera différent, il le sera.
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Un matin d'une journée s’annonçant plutôt radieuse, je vais me réveillée brusquement, n'ayant malgré tout, jamais été très matinale. Je vais regarder autour de moi et déchirer d'un coup fort et vif , ma couverture ayant déjà senti ta présence. Je respirai plusieurs bouffées d'air d'affiler comme si je m’étouffais dans ce silence sale, se prolongeant sans cesse, que tu as crée. Je me lèverai rapidement en lançant tout ce qui me vient en main sur le mur en face de moi comme s'il était ce que l'on a vécu. N'ayant même pas attendu que tu m'embrasses, je frapperai ce mur à coups de poings jusqu'au soir venu, étant restée dans cette même position. Je pleurerais ce manque, ces souvenirs et cette personne que je suis que tu as blessée. Puis, je me rendormira en sachant à coup sûr que demain sera différent, il le sera.
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Par The_Louloute le 5 Décembre 2017 à 03:25
Jte déteste parce que jtaime.
Parce que tu as quelque chose que jtai donné.
Oui c'est mon coeur, tu l'as pris, tu l'as brisé
Et pourtant jtaime parce que tu es tout ce que j'ai.
Parce que je ne veux rien d'autre.
Oui, j'ai des amis, un frère, un père, une mère
Qui sont quand même fiers,
Mais c'est toi qui permet de garder la tête en l'air
Jte déteste parce que jtaime
Parce que tu ne m'aimes plus.
Parce que pourtant moi jtaimais
Pis j'y ai cru
Pourquoi j'm'accroche ?
Parce que j'inspire, j'espère
J'expire pis jme perds
Dans cet idéal où tu reviendrais
" Hey, j'm'excuse, jme suis trompé, c'est vraiment toi que j'aimais"
Jte déteste parce que jtaime.
Parce que je ne suis pas capable d'arrêter de t'aimer.
Quand jrepense à tout ça, jn'arrive pas à me dire
" Hey, c'est fini, ok ?
Change de disque, va prendre l'air
Parce qu'on s'en fou de ce qu'il peut faire "
Jte déteste parce que jtaime
Pis que ça ne suffit pas.
J'aurais beau t'aimer le plus fort et le plus parfaitement possible,
Ça ne servira à rien,
Parce que ça ne comptera toujours pas.
Dans le fond j'aurais préférer que tu ne sois pas gentil.
Comme ça à la place de dire que jtaime, jpourrais dire que jthaïs
Parce qu'à la place de t'aimer, jpourrais te détester, encore et encore
À cause de toutes ces fois où tu m'aurais fait pleurer tard le soir
Mais j'pleure pas à cause de ça
Parce que toi tu étais drôle, tu étais parfait, tu étais là
Dans le fond je pleure la nuit parce que tu me manques
Parce que ça me manque
Et j'y pense, et j'hésite
Pour ensuite y repenser
Et m'accrocher
Je sais que je ne suis pas parfaite
Et que tu ne l'es pas toi non plus
Pourtant ça ne me rassure pas plus que ça dle savoir
J'ai l'impression que tu es tout
Et qu'moi jne suis rien
Je regrette tellement de t'avoir dit des choses, d'avoir fait des choses
Parce que peut-être pour toi c'était rien
Et que pour moi c'était peut-être trop.
Jte déteste parce que jtaime.
Jtaime parce que je ne suis pas capable de te détester
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Par The_Louloute le 28 Novembre 2017 à 03:10
Tu sais, ce sentiment qu'on éprouve lorsqu'on écoute une bonne musique, cette bonne musique. Celle qui te fait vivre ce sentiment de pouvoir tout affronter, de pouvoir tout vivre. Cette musique qui te donne l'impression d'être le personnage principal d'un film ou d'une vidéo. La fille court tard le soir, sa robe virevoltant à droite et à gauche, suivant le rythme du vent. Le garçon qu'elle aime tant court derrière elle. Le tout se joue à un ralentit si parfait, et leur cœur, eux, bat de plus en plus belle. Les lampadaires de la rue ne sont que leur seul et unique lumière, les éclairant à une perfection si juste, si minutieuse. Ensevelies de rires, le sourire aux lèvres, ils sont seuls au monde dans cette course qui prendra fin quand la respiration de l'un, suivi de celle de l'autre, devra reprendre des forces. La fille se retourne fessant tourner avec elle ses cheveux dans des sens tous contradictoires. De ses yeux, elle ne voit que ce garçon qu'elle aime tant,qu'elle désire tant, courir derrière elle, et laisse apercevoir sur son visage, ce sourire amoureux. Le temps d'une seconde tout se joue. Elle retourne la tête vers l'avant, courant toujours vers qui sait où, toujours suivi par ce garçon, le cœur complètement dépoussiéré par le vent, comme s'ils pourraient, ensemble, affronter le monde entier.
C'était nous.
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Par The_Louloute le 2 Novembre 2017 à 00:37
Je regarde vers l'arrière. Mon souffle se coupe raidement. Je tousse, je m'étouffe. Je continue de marcher sur cette rue, les feuilles d’automnes légèrement mouillées collant à mes souliers, comme si elles étaient, elles aussi, un poids que je ne peux pas laisser partir. Toujours le regard vers l'arrière, j'écoute en boucle cette même et même musique. Cette musique qui me fait ressentir ce qu'un être humain n'aurait jamais la capacité de faire. Je l'a sens vivre à travers mes bras cicatrisés et mon corps délabré. Je l'a sens vivre en moi, comme si elle était l'organe même me permettant de rester debout. Je respire avec difficulté, la tête toujours tourné vers le sens contraire de mes pieds, qui eux, avancent, encore et encore vers l'avant. Je soupire d'une façon où mon propre air me brûle le long de la gorge.
Je m'adresse à toi. Où es-tu passée, jeune fille passionnée, innocente et aimée ? Où est passé ta balançoire, ta vision sans aucune tâche noir ? Pourquoi as-tu grandie autant ? Tu sais, il n'y a rien de si pressant dans la cour des grands. Où est passée cette peur du noir ? Maintenant, tu suffoques le jour et souris face à l'apparition des lumières le soir. Où est passée ce sourire vrai, sans aucun mensonges, sans aucun secret ? Où es-tu allée te cacher ? Parfois, tu me manques au point où j'aimerais bien venir te retrouver.
Je m'adresse à toi. Où es-tu passée, jeune adolescente ? Ce n'est pas que tu me manques, mais j'aimerais juste comprendre. As-tu jeté ton vrai sourire sur le bord du chemin ? L'as-tu jeté car, cela ne te disait plus rien ? Où est passé cet amour que tu entretenais pour soigner tes plais ? Pourquoi avoir transformée tes larmes en lames ? Où est passé le pou que je sentais se débattre dans ton cou ? Pourquoi es-tu si blanche ? Dis-moi, à quoi tu penses ?
Je m'adresse à toi. Tu es ici, adolescente. Tu souris sous la pluie, boycott les parapluies et fait du vélo la nuit. Tu pleures parfois sous tes couvertures, parce que tu crois avoir été trop dur, trop sûre, mais pas assez mûre. Tu ris dans le silence, écrit ce que tu penses, écoute de la musique et chante. Tu salues les inconnus dans la rue. Tu fais des tours d'auto la nuit, les yeux rivés sur toutes ces lumières qui te tiennent en vie. Tu aimes, tu t'attaches, tu laves tes tâches.
Je regarde vers l'avant. Je respire plus facilement, comme si l'air de ce côté était moins sale, moins encombrant. Je continue de marcher, les feuilles d'automnes toujours collées à mes souliers. Plus j'avance, plus je les accommode. Cette même musique toujours en boucle dans mes oreilles, je l'a change pour une nouvelle. Je marche vers là où je n'ai pas prévue d'aller et je respire, fort. Je me mets soudainement à courir, de plus en plus fort, le pou me déchirant la poitrine. Je respire dans ce nouvel air, je crie , je hurle. Les feuilles se décollent de mes souliers peu à peu, elles virevoltent suite aux mouvements continus de mes jambes.
Je suis enfin là.
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